|

La maturité d'un amour éternel
par Mario Landerman
Angèle Dubeau lançait récemment son
dernier disque. Intitulé Solo, ce dernier
se veut une célébration des 30 ans de carrière
de cette violoniste québécoise de renommée
internationale.

Musicienne depuis l'âge de 15 ans, Angèle
Dubeau, avec son violon, a touché à presque
tous les genres de musique, s'attirant ainsi un public très
diversifié tout au long des années.
Cette fois-ci, la virtuose, délaissant momentanément la Pietà, s'isole avec l'amour de sa vie, son Stradivarius, et lui dit “Je t'aime”. En 12 façons faites pour que chacun, du néophyte au véritable amateur de musique classique, en passant par les enfants, y trouve leur compte.

Le disque commence par un extrait de L'Arte del violino
de Pietro Antonio Locatelli. Écrit
en 1733, l'année même où l'instrument
fétiche d'Angèle, son Stadivarius Des Rosiers,
fut créé.
Puis suit un voyage spatio-temporel nous faisant explorer genres et compositeurs. De la musique baroque, classique et romantique, à la musique contemporaine, folklore, jazz et tango.
La sélection, faite par Angèle Dubeau, inclut la Suite pour Orchestre Opus 9 no.1 de George Enescu, dans une version solo pour violon. Trois Études-Tango d'Astor Piazzolla, Divertimento pour Violon Seul de Campagnoli. Et, du compositeur canadien Srul Irving Glick, Sérénade et Danse pour Violon Seul.

De Dave Brubeck, grand compositeur et
pianiste jazz, on retrouve Bourree pour violon
seul, une union harmonieuse du jazz et du classique.
Écrite en 1999 et enregistrée pour la première
fois par Angèle au Festival International de Jazz
de Montréal en 2002.
Enfin, on retrouve aussi un conte mis en musique par le compositeur Alan Ridout, Ferdinand le Taureau, traduit par Yves Beauchemin, narré par l'acteur Pierre Lebeau et accompagné par Angèle Dubeau. Ce même conte se retrouve aussi en anglais sous le titre Ferdinand the Bull, avec l'acteur Blair Williams faisant office de narrateur.

La virtuosité d’Angèle Dubeau se passe
de commentaires. Il suffit de la voir, faisant corps
avec son violon, pour réaliser qu'il ne peut y avoir
aucune espèce de séparation entre les deux.
Elle nous invite généreusement à partager
ces moments d'intimité sur son disque, celui de la
maturité, certes, mais aussi celui d’un amour
profond pour son instrument. Amour qui, en bon romantique
que je suis, se figure qu'il ne pourra s'éteindre
qu'avec la mort de l'un ou l'autre. Et même
là, l'amour pur finit toujours par triompher de la
mort.
Côté technique
Tout d'abord, il me faut préciser que ce disque
sera offert en magasins sous deux versions différentes.
La première version est tout simplement un DC, lequel se vend à prix populaire, comme la plupart des DC.

La deuxième version est celle sur laquelle je m'étendrai,
puisqu’en plus de posséder le même DC,
elle contient aussi un DVD Audio 5.1. Le tout pour un prix
de cinq dollars plus cher que la version DC seule, nous
assure Mario Labbé, président d'Analekta.
On est en droit de se demander, puisque les DVD Audio n'ont pas eu le succès escompté auprès du public, le pourquoi d'une telle présentation.

Heureusement, Analekta n'est pas tombée dans le
piège de sortir une version DVD Audio seule. Et le
DVD Audio en question peut se regarder et s'écouter
dans un lecteur DVD conventionnel, même si certaines
des fonctions évoluées d'un tel DVD peuvent
ne pas être disponibles sur votre lecteur.
Un bon DVD ne saurait être complet sans quelques extras. Sur ce DVD Audio, les extras consistent en une rétrospective en images de la carrière internationale d'Angèle Dubeau, de même qu'un court documentaire tourné à l'été 2006 à l'Église de la Visitation à Oka, et commentant l'enregistrement du disque. Il y a aussi une autre bonne surprise, que je vous laisse le soin de découvrir.
Somme toute, cet opus est un régal pour les oreilles, qu'elles soient celles d'un amateur ou d'un audiophile.
Le lancement
Ce dernier s'est effectué à l'hôtel
Sofitel rue Sherbrooke à Montréal. Angèle
Dubeau y a donné un court spectacle, présentant
deux pièces. De nombreuses personnalités
du monde de la musique s'y étaient donné rendez-vous.
J'y ai croisé Yves Beauchemin, Pierre Lebeau, François
Léveillé, et bien entendu, Angèle Dubeau!

Photos: Mario Landerman
|